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Crème solaire, santé et environnement

Les crèmes solaires sont souvent critiquées à cause des filtres chimiques ou des nanoparticules qu’elles contiennent. Ces derniers auraient un impact sur votre santé et sur l’environnement. Pour s’en prémunir, mieux vaut choisir une crème solaire bio, avec des filtres minéraux et sans nanoparticules !

 

Les crèmes solaires résultent d’une émulsion d’huile dans l’eau auxquels on ajoute des filtres ultraviolets (UV) et tout un tas d’autres produits plus ou moins nocifs. Les filtres sont soit organiques de synthèse* soit minéraux. Les premiers sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, pas les seconds. Et attention, on ne le sait pas toujours, mais l’action des filtres de synthèse n’est pas immédiate : il faut attendre environ 20 minutes après application pour que la crème solaire devienne efficace. En revanche, pour les filtres minéraux, l’action est immédiate !

Les filtres minéraux agissent tel un miroir et reflètent les rayons UV du soleil sans les laisser pénétrer dans la peau, alors que les filtres de synthèse « transforment » les rayons UV dans la peau en rayons non-nocifs. Mais, ce sont alors les filtres et les autres additifs qui sont nocifs : conservateurs, parfums, épaississants, agents hydratants et émulsifiants… Ils ont pour but d’améliorer le confort pour l’utilisateur en fluidifiant le produit, en lui donnant une bonne odeur et en augmentant sa durée de conservation.

Les filtres minéraux sont, pour la plupart, constitués de dioxyde de titane et d’oxyde de zinc. Leurs principaux inconvénients résident dans la difficulté qu’il y a à étaler le produit fini et dans les traces blanches laissées parfois sur la peau. Alors, les marques de cosmétiques vantent les mérites de solutions « invisibles » qui ne laissent aucune trace. Pour y parvenir, elles utilisent ces filtres minéraux sous forme de nanoparticules, leur conférant ainsi une meilleure fluidité. Le revers de la médaille est qu’ils présentent alors des risques sanitaires en franchissant potentiellement les barrières biologiques, avec un comportement inconnu. L’Anses recommande d’ailleurs de ne pas utiliser ces crèmes solaires contenant des nanoparticules de dioxyde de titane sur une peau lésée ou sur les coups de soleil du fait des risques potentiels pour la santé humaine.

Des risques pour l’environnement

Outre leurs effets toxiques suspectés sur la santé humaine, les crèmes solaires avec des filtres de synthèse seraient aussi toxiques pour l’environnement, en particulier pour les coraux. Car, lorsque vous vous baignez, vous en laissez bel et bien une partie dans la mer !

Une étude suisse a en effet relevé que les composants chimiques, non biodégradables, sont en partie responsables du blanchiment et de la mort du corail, dans les zones très touristiques. D’après les estimations, 4 000 à 6 000 tonnes d’écran total sont libérées chaque année dans les zones de récifs tropicaux par les 78 millions de touristes qui se baignent. Ainsi, 10% des récifs coraux mondiaux seraient menacés par les crèmes solaires !

Des filtres de crèmes solaires ont aussi été retrouvés, dans différentes études, dans des lacs suisses, dans le fjord d’Oslo, en Norvège, et dans l’eau du robinet en Californie. Cela, car les stations d’épuration parviennent difficilement à éliminer les filtres de synthèse. Certains filtres ont même été retrouvés dans le lait maternel dans une étude menée sur 52 femmes de la maternité de Bâle.

La crème solaire bio : une alternative ?

Pour notre santé et l’environnement, il faudrait donc bannir les crèmes solaires classiques, que les filtres soit de synthèse ou à base de nanoparticules minérales, à cause de la toxicité des filtres et des additifs. Il nous reste alors les crèmes solaires bio.

Formulés sans écrans chimiques, sans colorants, sans parfum de synthèse, sans parabens et avec des filtres minéraux sans nanoparticules, les cahiers des charges bio (garanties Cosmébio, BDIH, Nature & Progrès…) bannissent la plupart des ­ingrédients issus de la pétrochimie, largement employés dans les produits conventionnels. Tant mieux ! A la place, les crèmes solaires bio sont le plus souvent composées de conservateurs non toxiques, d’huiles végétales et d’huiles essentielles, moins nocives, mais potentiellement allergènes. Néanmoins, pas de panique : les allergènes les plus puissants doivent être mentionnés sur l’étiquette. Il vous suffit donc de vérifier les étiquettes si vous êtes allergique.

Si les crèmes solaires bio s’étalent moins bien que les crèmes solaires classiques, c’est donc avant tout parce qu’elles n’utilisent pas l’ensemble des produits chimiques conventionnels ! Et leur composition est nettement moins néfaste pour l’environnement. Alors, entre confort pour étaler facilement votre crème solaire et risques sanitaires et environnementaux, que choisirez-vous ?

* Benzophénone-3 (ou oxybenzone), Benzophénone-1,Benzophénone-2, 4,4´-dihydroxybenzophénone, 4-méthylbenzylidène camphre (4-MBC), 3-benzylidène camphre (3-BC), Méthoxycinnamate d’éthylhexyle, Octyl-méthoxycinnamate (OMC), Octocrylène (OC), Acide para-aminobenzoïque (PABA), Padimate O, Octyl salicylate.

Auteur : Matthieu Combe

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